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Die Harzer Schmallspur Bahnen  
 Les chemins de fer à voie étroite  du Harz

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C’est lors de l’hiver 2002 - 2003 que soudain naquit l’idée d’aller “faire le Harz”, souvent entrevu dans des magazines, mais finalement un peu mystérieux (pensez donc, des trains à vapeur sillonnant des forêts remplies de sorcières, au-delà du rideau de fer, ...brrr...).
En fait, c’est vraiment loin le Harz, mais finalement la grande distance excite l’esprit, avec la promesse du dépaysement d’un monde inconnu à l’arrivée. Et puis la vapeur en hiver, en exploitation régulière, dans un environnement forestier semi montagneux avec plusieurs trains par jour, des croisements, et même des autorails assurant un service public ! Tout un programme !
Ce réseau de lignes secondaires sillonnant les massif forestier du Harz, dans le Nord de l'Allemagne, exploité par la DR du temps de la RDA, a été repris par une compagnie de droit privé, soutenu par le Land de Sachsen Anhalt, les HSB, à vocation à la fois touristique et de transport public, dans ce dernier cas surtout au départ de Nordhausen.

Horaires (Fahrpläne) et autres informations sur les HSB sont ici.

Le choix est vite fait : pourquoi perdre une journée entière, avec prix fort assuré pour un combiné Thalys + ICE? Le train de nuit 243 Paris Berlin offre une correspondance rapide par autorail DB à Hanovre, pour Wernigerode. Votre serviteur pose ici devant une vaillante 16000, qui va assurer la traction du train jusqu'à la frontière Belge.

 

C’est un train de nuit comme on en fait plus (l’actualité de fin Août 2003 allait me donner raison en ce qui concerne la desserte du Massif Central), composé uniquement de couchettes, avec de grands compartiments pour famille avec enfants (quelle bonne idée!), et, cerise sur le gâteau, une vraie voiture restaurant à nappes blanches. Quel souvenir : avant de s’installer dans sa couchette, on rêve déjà aux coups d’échappement qui résonneront dans les forêts de sapins enneigés, en buvant une bière, déjà allemande (toute la composition du train est DB). Cette époque de TGV nous aurait presque fait oublier le charme des trains de nuit bien conçus.

Le lendemain matin, vers 6h00, juste le temps d'avaler un café bien chaud et de manger un croissant dans un des petits cafés proprets du souterrain de la gare de Hannover Hbf, et nous voici dans l'autorail rouge, fort bien rempli, qui roule à vive allure dans la nuit.

Le Harzquerbahn, de Wernigerode à Nordhausen et antenne vers le sommet du Brocken
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C’est par une aube blafarde que nous arrivâmes à Wernigerode, centre névralgique des HSB, ce qui ne nous empêcha pas de nous précipiter vers le dépôt, où plusieurs massives 151 tender étaient sous-pression. La magie opérait déjà, nous étions "au Harz" dont on entendait parler depuis si longtemps !

Cliquez sur les images pour les agrandir.

Nous étions venus en partie pour ça : découvrir l'ambiance, non pas d'un train touristique exploité à la belle saison, mais ce que devait être celle des secondaires , lorsqu'ils existaient encore dans nos campagnes.

Instant calme où la pression monte, entretenue par les maîtres de la vapeur, avant de libérer sa puissance pour faire gravir la rampe aux convois vers Drei Annen Hohne.

 

 

C'est parti ! Après les faubourgs de Wernigerode, commence la montée dans la forêt enneigée. Quel bonheur, cette montée au rythme des coups d'échappement de la puissante 151 tender à petites roues. On a l'impression de déranger les écureuils et les biches.


Cliquez sur la carte pour visualiser le réseau HSB en grand format (situation 2003)

Après une montée mémorable, en rampe continue, le visage glacé par le parcours la tête à la fenêtre pour ne pas perdre une miette du spectacle, nous arrivons à Drei Annen Hohne, à 550m d'altitude. Ici se trouve la bifurcation de l'antenne du Brocken, la ligne principale continuant sur Nordhausen. Drei Annen Hohne est un haut lieu pour les ferrovipathes, car tous les trains y marquent un arrêt généreux pour faire de l'eau où relever des correspondances. Ce jour là de Février 2003, le brouillard ajoutait au mystère des forêts alentours, et renforçait l'ambiance authentique d'un "secondaire" assurant son service par tous les temps.

 

 

Accélération puissante de la 151 tender 91 222, après avoir pris la voie montant au Brocken à la bifurcation située à la sortie sud de Drei Annen Hohne.

 

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En dehors des circulations vapeurs, majoritaires sur la relation Wernigerode Brocken, le HSB fait circuler des autorails à une seule caisse, assurant des missions de service public, bien que la réunification des deux Allemagnes ait fait quasiment disparaître l'ancienne clientèle de ces lignes secondaires à travers des zones peu peuplées. Cet autorail assure la relation du matin de Nordhausen  à Wernigerode. Il stationne plus de 30 min. à Drei Annen Hohne.

 

 

Finalement, après le brouillard, un beau soleil d'hiver pour le stationnement/prise d'eau et le départ des 2  trains Wernigerode Brocken suivants

Sur la photo de droite, à la bifurcation de Drei Annen Hohne, deux amateurs Allemands venus spécialement pour la circonstance, nous apprirent que la 99 222 était la seule 151 des HSB à avoir été construite dans les années 30, toutes les autres étant des "modernes" des années 50.

 

 

La bifurcation de Drei Annen Hohne est à coup sûrt un haut lieu de photographies ferroviaires, avec un grand nombre de circulations, principalement sur l'antenne du Brocken, et très facile d'accès, puisqu'à quelques minutes à pied de la gare elle-même.

A gauche train descendant du Brocken avec loco tender en avant, à droite la 151, également tender en avant, donne un dernier "coup de collier" sur la fin de la rampe précédent la bifurcation, remorquant l'unique train vapeur quotidien de Nordhausen à Wernigerode. A noter que le froid ne diminue pas l'affluence sur les plates-formes des voitures.

 

 

A gauche, effort de traction soutenu jusqu'aux derniers mètres précédant le passage à niveau de Drei Annen Hohne, fin de la dure rampe continue depuis les faubourgs de Wernigerode.

 

A droite pause méritée avant la rampe suivante, quasi continue elle aussi, vers le sommet de Brocken (1141m)

 

 

Prise d'eau et graissage. Ces dames ont leur exigences !

A droite on refait le plein d'eau avant de se "faire le Brocken".

 

 

Après une longue montée au cours de laquelle la ligne tourne littéralement autour du sommet rond du Brocken, l'arrivée est en vue. Bien qu'à 1141m seulement, le climat rude du Nord de l'Allemagne donne ici des froids rigoureux, d'autant plus que ce sommet isolé dans une région de grandes plaines est battu par les vents. Des sapins nains s'arqueboutent pour survivre.

 

Le sommet du Brocken a toujours été un lieu de promenade où les familles venaient profiter de la nature et s'échapper des grandes villes industrielles de la plaine. Mais, situé presque sur l'ancien rideau de fer, côté est, il a vite été utilisé par les troupes soviétiques qui y avaient installé de quoi surveiller ce qui se passait à l'Ouest, juste au pied des pentes. Au plus fort de la guerre froide, l'accès en a donc été interdit au public, le sommet devenant une zone militaire. La ligne a été conservée pour être utilisée à des fins de transport pour l'armée, puis presque abandonnée par la suite.
La réouverture de la ligne du Brocken, après des travaux de rénovation de la plate-forme, dans les années qui ont suivi la réunification des 2 Allemagnes, a été un grand moment populaire.

Sitôt arrivé à la gare du Brocken, il faut penser à redescendre et le changement de bout se fait sans délai.

 

 


Descente pour le retour vers Wernigerode.

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