Images et récits de trains d'ici et d'ailleurs
 

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Bonjour,

      Passionné par tout ce qui touche au chemin de fer depuis ma plus tendre enfance, sans que j'ai jamais su pourquoi exactement d'ailleurs, puisque mon entourage familial ne comportait aucun cheminot et que nous prenions (très) rarement le train, j'ai effectué des milliers de kilomètres en train pour assouvir ma passion dés l'age de 18ans, combinant découverte des lignes et des régions et affût le long des voies pour en immortaliser les convois sur la pellicule. Le secret de cette fascination tient peut-être au fait que les occasions étaient rares pour moi de voyager sur les rails lorsque j'étais enfant, et ce furent des souvenirs qui m'ont marqué. Elevé par mes grands-parents, qui ont possédé très tôt une voiture, j'ai connu tout de même des destinations pour lesquelles le train était la règle : Paris, car bien qu'habitant à seulement 45 Kms de la capitale, il n'était pas question pour ma grand-mère, seule conductrice de la famille, de s'aventurer dans la circulation Parisienne, et nos deux ou trois visites annuelles s'y faisaient en empruntant le train à Versailles Rive gauche, en rame standard à 3ème rail 750v, d'où l'on pouvait admirer la voie depuis la porte d'intercirculation vitrée à côté de la loge de conduite. Je devais avoir entre 6 et 10ans, et personne n'imaginait encore le RER C, c'était terminus à Invalides et puis c'est tout. Vinrent ensuite les voyages effectués seul pour rejoindre mon père pendant les vacances scolaires, sans doute à partir de 11ans, mais le service "Jeune voyageant seul" n'existait pas encore. C'était une époque calme (quoique..., j'ai eu 11 ans en 1968) où l'on faisait confiance à des voisins de compartiment pour avoir un œil sur un enfant seul. Il y avait donc deux destinations pour rejoindre mon père, selon la saison : aux vacances d 'été, Paris Bordeaux pour rejoindre la maison de vacances familiale dans les Landes, puis dés que j'ai pu changer tout seul, le voyage se prolongea jusqu'à Arcachon, dans de vielles Z4100 sombres et grinçantes, tandis que le parcours grandes lignes s'effectuait dans de longues rames de voitures vertes à compartiment dont les rideaux rouges sombres claquaient au vent qui rentrait pas les fenêtres ouvertes. Eh oui, pas encore de couloir central ni de climatisation (il n'était pas dans les habitudes familiales de m'offrir une place dans "l'Etendard" aux voitures grand confort si belles pour l'époque). Tout de même, il m'arrivait de voyager en voiture inox, fréquentes sur les meilleurs trains, mais le plus souvent j'avais droit à un "supplémentaire" assuré en tout venant, c'est à dire des voitures d'avant guerre. C'était encore un époque où la réservation n'était pas obligatoire et où des rames supplémentaires étaient systématiquement mises en route aux périodes de grand départ : point de calendrier tricolore, ni tarifs de période de pointe, et encore moins de "yeld mangement"(1) qui rendent impossible la prévision d'un budget de voyage. Le passage le long du dépôt de St Pierre des Corps était un grand moment du voyage. Aux vacances de Noël, le trajet était Paris Konstanz (Constance), en RFA. Selon les services, il y avait des voitures directes jusqu'à Konstanz, ou seulement une correspondance à Radolfzell au train Paris Lindau. C'était là un trajet de nuit, en place assise, et j'ai un souvenir extraordinaire du jour qui se levait alors que le train commençait la montée de la ligne de la Forêt Noire : la boucle de Triberg, les sapins enneigés, le gros diesel rouge aux formes arrondies entrevu par la fenêtre du couloir dans les courbes, voilà des choses fascinantes, qui peut-être vous font aimer le chemin de fer pour le restant de votre vie. il y avait aussi, au retour, une petite nostalgie de la France, et je n'allais jamais dormir dans mon compartiment sans avoir vu la 16000 venir s'atteler à Strasbourg. Sa silhouette familière, et le grondement du pont métallique ayant précédé marquait la frontière confirmait mon retour "au pays".
Depuis, l'intérêt s'est porté sur la photo, en ligne de préférence pour montrer comment les lignes s'inscrivent dans le relief et le paysage, mais aussi en gare, pour capturer des moments de vie, tels les correspondances entre trains, ou des ambiances liées au bâtiment de gare lui-même, depuis le coquet bâtiment de campagne jusqu'aux marquises imposantes des métropoles.
Mon intérêt pour le chemin de fer est pour moi indissociable de deux autres choses : l'intérêt du voyage lui-même, de la géographie physique et humaine, de la gastronomie des régions découvertes, d'une part, et d'autre part une défense absolue du transport public dans son ensemble. Je n'envisagerais pas de photographier les trains sans les avoir empruntés pour arriver au lieu des photos : il me manquerait la moitié du plaisir. Et puis, il est assez peu probable que je passe mon permis à mon âge (né en 1957) .

Un mot sur l'attachement aux matériels anciens : les matériels roulant anciens sont des denrées de choix lors de périples à thème de photo ferroviaire, mais le bon sens finit toujours par l'emporter. Ces matériels ne sont pas ceux qui pérenniseront l'exploitation d'une ligne ou permettront de garder ou de gagner des voyageurs. Quand j'ai commencé à voyager sérieusement en train, en 1975, j'empruntais pour aller travailler une rame composé d'un X2800 rouge de Caen, remorquant 3 remorques Decauville, et le soir au retour j'alternais entre rame talbot chauffée à la vapeur par une A1A A1A 68000 et un jumelage de Picasso encadrant 2 remorques. Eh bien, le verdict est clair, autant le Picasso était plaisant sur Cahors Cadpenac lors d'un week-end, autant c'était moins apprécié lors de trajets quotidiens : 2 raisons à cela, les problèmes récurrents de chauffage dans les remorques Decauville, et les performances plus que modestes des Picassos, surtout en composition jumelage avec 2 remorques. Le trajet de Paris Montparnasse à la gare de mon domicile demandait 51 min dans ces conditions, et quelques années plus tard, les rames de 4 RIO (Rames Inox Omnibus) tractées par des 67400 ne prenait plus que 37 min pour le même trajet. Allez, quel temps de parcours aujourd'hui, en 2004 ?  42 min en VB2N et BB25500.

Mes préférences en matière de chemin de fer ? Difficile de répondre, j'aime (presque) tous les trains, mais je préférerais sans doute le train de la vie quotidienne à celui, luxueux, des grand voyages au long cours pour clientèle privilégiée.

Assez parlé, maintenant. Bonne visite!
 

Eric

 

(1) Le yeld management, que les Québécois  ont traduit par tarification en temps réel (TTR), est une pratique importé du transport aérien, qui consiste à adapter en temps réel, en fonction des taux de réservation, les tarifs à la demande.

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La dernière mise à jour de ce site date du 10/28/12