Images et récits de trains d'ici et d'ailleurs
 

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1981, le seuil de Blaisy, ou la fin d'une époque  
 

Le Seuil de Blaisy, c'est une rampe de 8mm/m de part et d'autre du tunnel de Blaisy, sur la "Ligne Impériale" de l'ex PLM, entre Les Laumes et Dijon, où la ligne doit franchir le seuil de Bourgogne, séparant les bassins de l'Yonne, affluent de la Seine, au nord, et de la Saône, au sud. Redoutée au temps de la vapeur à cause des longues rampes de part et d'autre du tunnel de faîte, la ligne est à 4 voies au nord, des Laumes à Blaisy-bas à l'entrée du tunnel, pour permettre le dépassement des trains lents dans la rampe. Le côté sud, au relief plus marqué, ne comportait que 2 voies mais plusieurs viaducs intéressants.
L'idée d'une journée au seuil de Blaisy naquit d'une évidence : plus rien ne serait pareil après Juin 1981, date de la mise en service du tronçon sud (St Florentin Sathonay) de la LGV PSE, 1er maillon de la grande vitesse Sud-est, et de la grande vitesse tout court d'ailleurs. Pour excitant qu'était la construction et la mise en service du TGV Sud-est, véritable renouveau du transport voyageurs grandes lignes, elle n'entraînait pas moins la disparition irrémédiable, bien que progressive, du chemin de fer classique, avec ses rames à la composition variable tractées par des locomotives. Le Sud-est ayant toujours été le 1er réseau en terme de fréquentation, il connaissait un grand nombre de trains de grandes lignes variés, certains ayant une personnalité particulière, attaché au matériel qui les composait.

Nous avions un ami, cheminot de son état et travaillant à la gare de Dijon-ville, mais demeurant dans un petit village proche de Dôle, qui nous reçut pour le diner et la nuit, après un voyage dans un Jean-Jacques Rousseau bondé, qui quittait Paris à 17h01 (il ne fallait pas traîner à la sortie du bureau). Ce train faisait la relation Paris Genève via Vallorbe et Lausanne, et nous avait déposé à Dole à une heure tout à fait décente, après 20h. Le lendemain matin, nous étions sur le pied de guerre et notre ami nous servit de chauffeur pour nous conduire à Malain, dernière gare avant le tunnel de Blaisy en venant de Dijon. Il fit très beau toute la journée.

Mai 1981

1ère partie : au sud  du tunnel (côté Dijon)

Cliquez sur les images pour les agrandir.


 

Le viaduc de Malain, quasi imperceptible lorsqu'on passe dessus, est un bel ouvrage en pierres, situé non loin du tunnel de Blaisy, côté sud. On devine bien la ligne de crête sous laquelle passe le tunnel de la "Ligne Impériale".

A gauche le 5601, création des années 70, reliant Paris à St Gervais et Evian, en deux tranches.

A droite le rapide 227 "Lutetia", lui aussi à deux tranches, Paris Milan et Berne. Composé normalemnt en rame homogène à la livrée Européenne orange, le train comporte ce jour là 3 voitures FS grises, sans doute en renfort.

A noter la traction assurée dans les 2 cas par des 22200 toutes neuves, et omniprésentes sur le Sud-est à cette époque.

 

 

Entre les batteries de rapides et express, un important traffic marchandises se glisse, encore tracté par des séries considérées aujourd'hui comme faisant partie du passé. On remarque aussi le grand nombre de wagons à 2 essieux.
BB7200 et CC7100 sur le viaduc de Malain.
 

 

 

La ronde continue. BB9400, toute "courte sur pattes" et déjà une relève moderne avec une BB7200, visiblement en tête d'un train de messagerie.

 

Le viaduc de Malain se laisse aussi photographier de profil, curieuse silhouette de pierre émergeant de la verdure et franchissant un vallon invisible.

Une CC6500 racée remorque le rapide 5278 "Rhône Alpes" St Etienne et Grenoble à Paris. Encore un train à 2 tranches. Le conducteur a probablement ramené le manipulateur de traction à "0", le tunnel n'étant pas loin, et dés son milieu commence la descente vers Les Laumes.

Une toute petite place est laissée au trafic qui ne s'appelle pas encore TER, mais simplement omnibus. Ici le 7762 Dijon Sens, en Z7100 à livrée classique.

 

En ce temps là...il y avait encore des engins à la conception très ancienne, bien que livrés pour l'électrification de Paris Lyon, et qui avaient tout de même une allure incroyable : les 2D2 9100.
La première est ici vue en tête d'un marchandises sur le viaduc de Malain, tandis que l'autre remorque un W (Voyageurs Vide) non loin de là, à la composition hétéroclite.
Les 2 lascars au bord de la voie avaient choisi un cadrage plus...serré.

 

 

Un peu plus bas que le viaduc de Malain, se trouve le viaduc de Lée, malheureusement l'éclairage n'est pas extraordinaire pour ce corail montant vers Paris.

Lumière très favorable par contre pour cette vénérable 2D2 9100 qui s'engage sur le même viaduc descendant son "marchandise" vers le sud.

 

 

 

Au droit de la sous station de Malain, c'est le 5051 Paris Vintimille qui remorque une rare allège postale à lanterneau. On mesure là comme le temps a passé.

A droite, le train Auto express 5049 Paris Toulon descend vers le sud, vu ici entre Malain et Lantenay.

 

 

 

La fréquence des trains était parfois si élevée qu'elle ne nous laissait pas le temps de changer d'emplacement, ce qui donnait parfois des cadrages très "techniques", comme celui-ci, à la sous-station de Malain. Rapide 5002 "Le Rhodanien" Marseille Paris.

A droite, un express comme on en fait plus depuis la déferlante TER, un "patachon" à arrêts fréquents, avec une antique B5D derrière la rutilante BB22200, des "Forestier" et une "inox" en 1ère classe. C'était le 5071 Paris Dijon. A l'arrière-plan, le portail d'entrée du tunnel de Blaisy, et une potence à signaux avec installations de contresens.

Au vu des 4 photoss ci-dessus, on voit bien qu'une certaine uniformisation était déjà en cours en ce qui concernait les moyens de traction.

A nouveau une petite séquence "marchandises" entre les rafales de rapides et express.

A gauche, un train bien léger pour cette BB 9400, dont le mécanicien semble observe son pantographe.

A droite, un train de citernes descend vers Dijon derrière une BB 8100, traversant ici le viaduc de Lée.

 

Pour finir du côté Dijon du tunnel, rapprochons nous encore de la capitale Bourguignonne.

A gauche, l'omnibus 7766 Dijon Montbard , assuré en Z7100, franchit le viaduc de Fin.

A droite, Une CC 6500 emmène sur la rampe un train du transport combiné vers le nord (comme quoi, même sans Modalohr...)

 

2ème partie : au nord  du tunnel (côté Les Laumes)

De ce côté-ci, point de viaduc mais une ample vallée dans laquelle se lovent les 4 voies du PLM, à travers paturages et bois.

A gauche, une victime future du TGV, le Cisalpin, TEE Paris Milan via Vallorbe et Lausanne assuré en rame inox type Mistral. Il y avait sans doute encore une clientèle pour remplir ce train de 1ère classe au confort raffiné.

A droite, c'est l'omnibus 7769 Montbard Dijon qui remonte la rampe de 8mm/m dans un décor bucolique.

 

Le même environnement sert de cadre au corail avec allège postale descendant la rampe vers Paris, tandis que dans l'autre sens une BB 9400 remorque des porte-autos vides. Cette machine est équipée à titre d'essai d'une climatisation simplifiée, consistant à rouler la portière ouverte...

 

Une curiosité dans ce long marchandises descendant sur les Laumes, une CC 65500 est en véhicule derrière la BB 7200 : sans doute un mouvement lié aux chantiers de la partie nord, Lieusaint St Florentin, de la LGV PSE, où ces gros diesels ont été bien utilisés.

A droite c'est encore une universelle BB 7200 qui remorque l'express 5053 Paris Avignon dans la rampe de Blaisy. Un beau train de 15 voitures, avec une UIC verte et grise et quelque chose qui ressemble à un restaurant Grill express au milieu de la rame.

 

Mais que fait-il donc là, celui là sur la photo de gauche? On ne l'attendait pas avant 1 mois, et pas sur cette ligne, précisément! Il s'agit du rapide 185 "Le Lyonnais", assurant la relation Paris Lyon en TGV par la ligne classique (et pour cause, la LGV n'est pas terminée) pour roder les rames et parfaire la formation des conducteurs.

Quel contraste avec la photo de droite : comme l'an 2000 et les années 50 qui se rejoignent! BB 8100 descendant de Blaisy un "marchandises" et franchissant un PN gardé à barrières manuelles.

 


Un an plus tard...la partie sud de la LGV est en service et les rames oranges ont commencé leur ballet rythmé à grande vitesse entre Paris et Lyon. Mais la partie nord de la LGV ne sera achevé qu'en 1983, et en attendant les TGV rongent leur frein sur la ligne impériale du PLM de Paris jusqu'à ST Florentin (Yonne). Une de ces rames est vue ici passant sous l'aqueduc de Vanne, non loin de Sens.

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